Triathlon longue distance Alpe d’Huez 2019

C’était mon défi sportif principal de 2019. Je ne m’étais engagé que sur 2 compétitions cette année : le Half IronMan des Sables d’Olonne en Juin pour préparer le Triathlon Longue Distance de l’Alpe d’Huez fin Juillet. Cette dernière épreuve doit me permettre d’estimer ma capacité à atteindre mon objectif de 2020 : être finisher de l’IronMan d’Embrun. L’Alpe d’Huez devrait me donner une bonne estimation de mes capacités de grimpette en montagne mais je pense flirter avec mes limites personnelles.

Côté vélo, c’était ma grande crainte. Suis-je capable de rouler 120km avec 3500m de D+ lors d’un triathlon, sachant que la difficulté est encore plus importante pour Embrun ? J’avais donc décidé de repérer le parcours sur place 20 jours avant la compétition pour tenter de me rassurer. Après une sortie de 167km de plus de 8h et 3500m de D+, j’étais totalement épuisé et à l’arrêt au Col d’Ornon. Mais sur « seulement » 120km, ça devrait le faire…

J-6

Nous arrivons en famille le samedi dans notre appartement de location pour la semaine. La compétition a lieu le jeudi suivant. J’ai donc un peu de temps pour peaufiner ma préparation dimanche et lundi et je décide de garder 2 jours de repos complet mardi et mercredi. Dimanche, je me fais donc plaisir avec une sortie de 50km/3H/1600mD+. Tout va bien ! J’enchaine même avec une boucle de repérage du parcours de course à pieds (6km / 38 min / 6min23 par kilomètre). Je me dis alors que ce triathlon va être difficile à terminer à cause du dénivelé, moi qui cours toujours sur route et sur le plat. Je ne croyais pas si bien dire…

J-5

C’est le 1er jour de retrait du dossard ! J’aime bien passer cette étape au plus tôt au cas où mon certificat médical serait refusé ou que le dossier serait incomplet. Mais tout va bien. Je récupère bien le précieux contenu (puce, dossards, bonnet de bain, autocollants…) et un sac vraiment très sympa !

sac triathlon alpe d’huez 2019

J-1

La veille de la compétition, je me suis simplement amusé à tester différentes combinaisons ZONE 3 en piscine de 25m sur des runs de 300m. Finalement, je n’ai pas de gain, ni en confort ni en vitesse (1min35 au 100m : pas mal mais dur à conserver pendant la compétition !) et je décide finalement de garder ma fidèle combinaison HUUB 3:5 que je pensais trop petite mais c’est en réalité un avantage. Dans l’après midi, nous allons en famille repérer le parcours à pieds et nous décidons ensemble des positions pour me soutenir dans cette partie traditionnellement délicate de l’épreuve. Marion fera donc les photos aux abords du départ/arrivée, Anneso m’accompagnera aux abords de la 1ère montée et Vincent fera la dernière montée à mes côtés. Côté physique : aucun pépin contrairement à Nice l’an dernier. Y’a plus qu’à…

JOUR J ! ETAPE 1/3 (nage)

Après une nuit assez calme et reposante, le réveil sonne à 6h. Nous prenons la route vers 7h pour aller déposer le sac course à pieds puis nous entamons la descente en voiture vers le lac EDF où sera donné le départ. Une fois le vélo posé, place à l’attente jusque 9h45. Le départ des féminines est donné 15 min plus tôt. C’est sympa ! L’eau est annoncée à 18 degrés : c’est un ouf de soulagement pour beaucoup. Elle ne sera pas si froide que prévu. Une fois le départ des filles lancé, j’enfile ma combinaison avec l’aide d’AnneSo. 10 min avant le départ, je m’avance sur le plan d’eau et je me pose tranquillement 20 m derrière la ligne. Je m’amuse même à faire la planche et je profite d’une eau très transparente et calme et d’un paysage globalement magnifique. Je ne stresse pas trop contrairement à d’habitude. Une fois le départ donné, je commence à nager facilement sans trop être chahuté. Seuls les passages des 2 bouées sont compliqués avec tous les concurrents qui se resserrent à l’approche des virages. J’arrive même à choper des pieds (facile avec l’eau transparente) et je termine facilement en 43 min les 2,2km, pas fatigué et satisfait. Je croise mes supporters à la sortie de l’eau. J’ai juste un souci de zip qui me reste dans les mains et j’ai du mal à enlever ma combinaison.

JOUR J : ETAPE 2/3 (vélo)

Après 5 min de transition, c’est parti pour le gros morceau de l’épreuve avec 120km à parcourir, 4 cols à gravir, 3500m de D+. La première partie est descendante et je file bon train sans forcer et en surveillant mon cardio. Je décide de ne jamais passer au-dessus de 80% de ma fréquence maximale. La première ascension se fait au train sans forcer. Nous roulons à l’ombre et tout se passe très bien. Je bois beaucoup et je commence à manger tranquillement mes barres de céréales. Pas de gel pour éviter la crise de foie (cf mauvaise expérience de Vichy en 2017). Mon Cervelo R5 fait des miracles et tout va très bien jusque dans le 2ème col de la journée. Je m’amuse bien dans les descentes assez rapides et techniques. Mais la chaleur commence à se faire ressentir, surtout dans la vallée. Arrive la 3ème difficulté de la journée, là où j’avais déjà calé lors de mon repérage. La chaleur monte à près de 39 degrés dans la montée et je tombe à court d’eau. Je dois me poser quelques minutes à l’ombre d’un arbre et une voiture suiveuse d’un autre concurrent me dépanne en eau (tiède mais mieux que rien…). Arrivé en haut, j’envoie quelques news à ma femme et quelques amis qui me suivent en LIVE. Il est déjà près de 14h. Une fois la descente effectuée, je passe la dernière barrière horaire en bas de l’Alpe d’Huez et j’attaque la montée finale. Mais dès les premiers lacets, c’est très difficile. Je manque cruellement de force et cette 4ème ascension me pose de gros soucis. Je dois m’arrêter régulièrement car je dois pédaler en force. Mon développement (39 x 32 pour les connaisseurs) être trop grand finalement. Je n’avais pas eu de souci lors de mes repérages précédents mais j’étais beaucoup moins fatigué. Là, je cale complètement… Je fais des poses régulières avec d’autres concurrents qui sont dans le même état de fatigue et j’arrive au sommet tant bien que mal. Là, Anneso m’annonce « Dépêche toi, il te reste 10 min avant la barrière horaire ! ». Cette petite dose d’adrénaline m’aide à passer en danseuse pour terminer au plus vite et rejoindre l’aire de transition. J’ai mis 7h46 !

JOUR J : ETAPE 3/3

Après 4 min de transition, je m’élance sur la dernière partie de l’épreuve. Enfin… je marche. En effet, impossible de reprendre ma respiration (dû à l’altitude ?) et j’attrape très vite une douleur au niveau du foie. Le premier tour se fait à pas rapide et plus lentement dans les montées. Je n’arrive à reprendre mon souffle qu’au 2ème tour sans jamais faire mieux de 7min au kilomètre. Mais j’avance… Mon fils court à mes côtés et il me motive très bien et il me surprend finalement 🙂

Sacré fiston qui m’aura vraiment bien soutenu et motivé !

Arrive le dernier tour (enfin !) et ma douleur au foie reprend de plus belle. Je n’arrive plus à trottiner même dans les descentes. Le soleil se couche peu à peu et nous ne sommes plus que 3 ou 4 sur le parcours. Mon objectif est de ne pas terminer bon dernier ! Je finis tant bien que mal à franchir la ligne d’arrivée après 3h11 de marche active et 11h50 d’effort, simplement heureux d’être Finisher. Quelle journée !

Merci fiston !

Le chrono restera donc anecdotique. Je garde en mémoire une épreuve très exigeante à la limite de mes capacités, mais qui traverse des paysages vraiment magnifiques. Comme d’habitude, AnneSo, Marion et Vincent m’auront bien aidé et soutenu tout au long de la journée. Un immense merci à eux. A refaire dans de meilleures conditions (météo, matériel et préparation)… ? Ca promet pour Embrun en 2020 🙂

Voir le site officiel : http://www.alpetriathlon.com/fr/index.html

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